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«Tiers payant» Un levier du développement humain

 

«La place du système du ‘'tiers payant'' dans l'amélioration des prestations offertes aux bénéficiaires» tel est le principal thème des travaux de la nouvelle édition du Colloque national sur le patient et l'assurance-maladie.


Selon le professeur Driss Jamil, président de SOS Hépatites, ce choix est doublement justifié. «D'une part, il répond à la volonté des ses initiateurs, SOS Hépatites, en collaboration avec le collectif associatif du Printemps du patient 2008, à contribuer à l'amélioration des performances de ce système de couverture sanitaire. Et d'autre part, il tente de souligner un triste constat», souligne Pr Jamil. En effet, au moment où la prise en charge totale et préalable demeure la condition sine qua non pour que les malades puissent se soigner et limiter l'aggravation de leurs pathologies, la CNSS, un des piliers de l'AMO, semble leur ignorer ce droit fondamental. Ainsi, face à cette situation que certains participants au colloque qualifient de «chaotique», le professeur D. Jamil prône l'instauration du système du «tiers-payant». Car, grâce à cette pratique, le malade est dispensé du paiement des frais des soins médicaux qui ne ‘'lui coûtent que 0 DH''. Quant au prestataire des soins, il reçoit, directement de l'organisme assureur, auquel est affilié le bénéficiaire, le paiement de l'intervention dû dans le cadre de l'AMO.

«Ce dispositif permettra non seulement de garantir aux patients d'accéder aux soins mais aussi à favoriser la prévention des pathologies chroniques et leurs complications et agir efficacement sur les facteurs favorisant liés, entre autres, à l'environnement, aux conditions de vie et de travail. Les résultats de la CNOPS dans ce domaine attestent bel et bien de l'intérêt de la mise en place d'une telle mesure. La CNSS a déjà entamé des réflexions sur la question. Mais à mon sens, il est grand temps de passer à l'application. La vie de milliers de malades en dépend», déclare D. Jamil. Notons que depuis que le «tiers payant» est généralisé dans d'autres pays étrangers, en occurrence la France, il s'est avéré d'un appui inestimable dans la réussite de plans sanitaires visant l'équité face à l'accès aux soins. Aussi, ce système a enregistré un apport remarquable dans la résolution du retard au niveau des remboursements. Nul n'ignore à ce propos ce que cette problématique engendre des entraves à l'observance et au suivi des traitements.

Dans ce sens, une étude réalisée par le CREDES (organisme consultant en santé publique) en 2000 a conclu que le ‘'tiers- payant'' «apparaît comme un facteur de diminution des inégalités de consommation dues aux écarts des revenus. A morbidité et couverture égales, il tend également à rapprocher la dépense des assurés moins riches de celle des assurés plus aisés. Cette étude économique tend donc à montrer que le ‘'tiers payant'' est un mode de paiement socialement équitable». Par ailleurs, les organisateurs de cette rencontre pensent que le bilan des trois années d'existence de l'AMO demeure l'objectif primaire du Colloque national sur le patient et l'AMO. Il tend à préserver la pérennité et renforcer le système de protection sociale. Ceci dit, ce but ne peut être atteint sans accorder une attention particulière au patient, «élément pivot dans ce système, principalement avec ses spécificités socio-économiques, ses besoins et ses attentes», explique Amal Bourquia, présidente de l'association ‘'Reins''.

Elle conclut: «Au Maroc, l'assurance-maladie demeure une des plus grandes réalisations sociales, et ce grâce à la Haute sollicitude royale et à la volonté des associations et la mobilisation des acteurs concernés. Toutefois, la préservation d'un tel acquis mérite constamment un éclairage renouvelé, afin de déceler les évolutions, pointer les limites et finalement mieux comprendre les enjeux actuels et futurs. D'où l'intérêt d'organiser aujourd'hui le Colloque national entièrement consacré au patient et à l'assurance-maladie».

 


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Des recommandations…
Les recommandations émises par l'association SOS Hépatites et le réseau associatif du Colloque national du patient et de l'assurance-maladie, représenté par l'association «Reins» de lutte contre les maladies rénales et l'Association marocaine de lutte contre la polyarthrite rhumatoïde «AMP», s'inscrivent dans la volonté d'assurer la continuité des soins et de déterminer la meilleure prise en charge sanitaire possible. Ces recommandations peuvent être formulées comme suit: en premier lieu, les décideurs pensent à la généralisation de la prise en charge totale et partielle à toutes les ALD et ALC en nombre de 41. En effet, la prise en charge totale et préalable demeure la condition sine qua non pour que les malades en général et les plus démunis en particulier puissent accéder aux soins, limitant par là les énormes dépenses engendrées par l'aggravation de leurs pathologies. Ensuite, les participants au colloque exigent l'application du mode du «tiers payant». Car la mise en application de ce système et son élargissement permettent d'éliminer les disparités dans l'accessibilité des prestations sanitaires et la maîtrise des frais de soins médicaux. Le patient ne doit pas payer des frais ou si ces derniers sont obligatoires, il faut qu'ils respectent son niveau salarial : 10% du SMIG.  

   
 LE MATIN

 

 

 

 

 

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