La dégénérescence maculaire liée à l'âge, dite DMLA, est encore méconnue. Pourtant, cette affection de la rétine est la première cause de malvoyance chez les personnes de plus de 50 ans. Un dépistage précoce permettrait d'éviter son évolution irréversible vers un lourd handicap visuel. Il existe aujourd'hui des traitements, d'autant plus efficaces qu'ils sont appliqués tôt.
Une maladie méconnue
La dégénérescence maculaire liée à l'âge, ou DMLA, touche 8 % de la population au-delà de 60 ans et 25 % après 75 ans. Cette maladie grave de la rétine est responsable chaque année de 3 000 cas de malvoyance (moins de 3/10 à chaque oeil) dans notre pays. Et ces chiffres vont s'aggraver avec l'augmentation de l'espérance de vie. Pourtant, 2 % seulement des adultes savent que c'est la cause principale de cécité chez les plus de 50 ans. Et seul un quart des patients atteint consulte assez tôt pour être traité efficacement.
Une évolution en 3 stades
Le premier stade, asymptomatique, est marqué par l'apparition de petites taches jaunes au niveau de la rétine. Seul l'examen ophtalmologique peut les révéler. Dans le second, des troubles apparaissent plus ou moins rapidement. La dégradation de la vision s'effectue progressivement au niveau d'un oeil, puis des deux. À terme, le malade perd la vision centrale. La disparition de cette vision fine entraîne l'impossibilité de lire, d'écrire, de regarder la télévision… et même de reconnaître les visages familiers.
Quand s'inquiéter ?
Les premiers signes - gêne à la vision ou sensation d'éclairage insuffisant - passent souvent inaperçus. Par la suite, les symptômes sont plus nets : la vision baisse, une tache sombre apparaît au milieu du champ de vision, la sensibilité à la lumière croît. Succèdent une mauvaise perception des couleurs et des contrastes ou une sensation de clignotement.
Mais le symptôme le plus caractéristique est la sensation d'ondulations des lignes droites. Attention aux textes, aux plinthes ou aux grilles qui semblent courbés… Il faut alors consulter d'urgence : le mal est déjà avancé. Un traitement immédiat s'impose.
Traiter pour stabiliser
Dès que la DMLA est suspectée, l'ophtalmologiste va rechercher l'existence de néovaisseaux au fond de l'œil par angiographie. Il va ainsi distinguer la maladie en forme sèche de celle en forme exsudative, dite "humide", la seule accessible au traitement. Deux traitements permettent de sauvegarder ce qui reste de la fonction visuelle : la photo-coagulation au laser et la thérapie photo-dynamique avec visudyne. Le choix dépend de l'emplacement des néovaisseaux dans la rétine.
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