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Délégués régionaux de la santé Une période d'essai de six mois

 

La ministre de la Santé, Yasmina Baddou, veut imposer plus de rigueur, de transparence et d'efficacité dans la gestion des établissements hospitaliers.  

Une mission des plus difficiles certes, puisqu'il y aura toujours des résistants au changement, mais la responsable gouvernementale entend faire contre mauvaise fortune bon cœur. En tous cas, elle semble optimiste et surtout déterminée à défendre le droit du citoyen à "des soins de qualité et à un accueil qui respecte sa dignité".

Mieux encore, Mme Baddou (PI) se donne un délai de 6 mois pour que les premiers résultats deviennent perceptibles. Une gageure !
Lors d'une rencontre avec les médias au siège de la Primature mercredi dernier à Rabat, la responsable gouvernementale qui défendait les chantiers ouverts dans le cadre de sa stratégie 2008-2012, a souligné que les citoyens devraient ressentir les premiers changements à travers l'amélioration de l'accueil qui représente la vitrine de l'hôpital. "L'enjeu est de reconquérir la confiance des citoyens en améliorant les conditions d'accueil et d'orientation, notamment au niveau des urgences.

C'est un objectif à atteindre dans six mois."Mais plus que la qualité d'accueil, la question de la gestion des hôpitaux figure en tête des priorités de la stratégie 2008-2012. Encore une fois, le délai fatidique de six mois revient dans le discours de Yasmina Baddou tel un leitmotiv. La ministre de la Santé compte en effet instaurer la culture du résultat et responsabiliser davantage les directeurs et les délégués régionaux de la santé à travers une politique de contractualisation.

Les nouveaux délégués ainsi que les directeurs fraîchement nommés auront six mois pour faire leurs preuves. Au terme de ce délai, le ministère décidera de leurs sorts, c'est-à-dire que ceux qui auront donné satisfaction au cours de cette période d'essai seront confirmés dans leurs postes et ceux qui auront démérité seront tout simplement remplacés. "Lors de la réunion que j'ai eue avec les nouveaux délégués, mardi dernier, des lettres de mission leur ont été remises avec un délai de six mois. Si avec les moyens qu'on a mis à leur disposition ils arrivent à enclencher le changement escompté, ils continueront à occuper leurs postes.

Autrement, ils seront remerciés. La même démarche sera adoptée avec les établissements hospitaliers que je vais recevoir dans quelques jours", explique Yasmina Baddou, avant d'ajouter "on n'a pas la baguette magique, mais on peut changer beaucoup de choses en six mois". Autre chantier de taille : la moralisation des établissements hospitaliers. Là aussi, la ministre istiqlalienne semble déterminée à livrer une bataille contre les fonctionnaires indélicats. Ainsi, elle compte mettre à profit l'expertise de Transparency Maroc et surtout imposer
"la transparence et la bonne gouvernance".

Car, selon elle, il est possible d'endiguer la corruption à travers une gestion transparente. "Par exemple, la liste des médicaments et des consommables disponibles que l'hôpital met à la disposition des patients à titre gracieux sera affichée. Il n'y aura pas moyen pour un fonctionnaire de les faire monnayer. De même, nous comptons lancer un numéro vert qui permettra à chaque citoyen victime d'un abus de le signaler", explique Mme Baddou, précisant qu'" il faut donner l'exemple et sévir en cas d'infraction aux règles".
La ministre de la Santé reconnaît que les maux qui rongent le secteur de la santé sont légion. Mais pour autant elle refuse d'adopter un discours défaitiste. "C'est vrai, il y a des hôpitaux où la situation est catastrophique, mais il y a aussi des hôpitaux modèles". Autant dire que la différence ne tient pas toujours aux moyens, mais aussi aux compétences et aux hommes.

Le matin

 

 

 

 

 

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