Une éclipse totale de la Lune aura lieu durant la nuit du 20 au 21 février ( vers minuit trente) et sera visible sur le ciel du Maroc. À cette occasion rare, d’autant plus que les météorologues prévoient un ciel dégagé, l’Observatoire Ribat Al Fath et le Réseau des Astronomes Amateurs du Maroc organisent une soirée publique d’astronomie le samedi 16 février, à partir de 18 heures.
Cette soirée, dédiée à l’éclipse totale de la Lune, aura lieu à l’Observatoire astronomique Ribat Al Fath, situé à proximité du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah à Akreuch.
L’éclipse lunaire est un assombrissement de la Lune, qui se produit lorsqu’elle passe dans le cône d’ombre de la Terre. Elle ne se produit que lors de la pleine lune.
Il y a trois types d’éclipses lunaires :
* par la pénombre, lorsque la Lune passe uniquement dans le cône de pénombre de la Terre ;
* partielles, lorsque la Lune passe en partie dans le cône d’ombre de la Terre ;
* totales, lorsque la Lune passe en totalité dans le cône d’ombre de la Terre. On appelle « premier contact » ou « premier contact extérieur » le moment où la Lune commence à entrer dans le cône d’ombre de la Terre. On appelle « deuxième contact » ou « premier contact intérieur » le moment où la Lune entre complètement dans le cône d’ombre de la Terre. C’est le début de la totalité.
Le maximum de l’éclipse est l’instant où la distance angulaire entre le centre du disque lunaire et le centre du cône d’ombre atteint sa plus petite valeur. On appelle « troisième contact » ou « deuxième contact intérieur » le moment où la Lune commence à sortir du cône d’ombre de la Terre. C’est la fin de la totalité.
Enfin, on appelle « quatrième contact » ou « deuxième contact extérieur » le moment où la Lune sort complètement du cône d’ombre de la Terre. En pratique, de 4 à 7 éclipses (de Soleil comme de Lune) peuvent se produire annuellement. Elles se produisent par groupes séparés par un intervalle de 173 jours (qu’on appelle année draconitique). Ces groupes sont constitués d’une éclipse de Soleil ou d’une succession d’éclipses de Soleil, ou bien d’une éclipse de Lune et d’une autre éclipse de Soleil.
Le Soleil et un nœud de l’orbite lunaire se retrouvent dans la même direction tous les 346,62 jours. Dix-neuf de ces périodes, soit 6585,3 jours ou 18 ans et 11 jours, ont presque la même durée que 223 mois synodiques lunaires.
Ceci veut dire que la configuration Lune-Soleil et les éclipses se répètent dans le même ordre dans le même laps de temps. Ce cycle est appelé Saros ; contrairement à ce qui est parfois écrit (y compris par E. Halley lui-même), ce cycle était inconnu des Babyloniens. Comme la durée exacte de ce cycle n’est pas un nombre entier de jours mais possède un excédent d’environ 1/3 de jour, les éclipses se reproduisent donc selon ce cycle avec un décalage d’environ 8 heures et sont donc visibles à une longitude distante d’environ 120° par rapport à celle du cycle précédent.
Un autre cycle concernant les éclipses est l’Inex. Sa durée est de 358 mois synodiques lunaires (28,9 ans) après lequel les mêmes éclipses se reproduisent quasiment à la même longitude géographique mais à une latitude opposée.
Après une période de 669 mois synodiques lunaires, appelée Exeligmos ou triple Saros, un cycle d’éclipses similaires se reproduit à la même longitude.
Au travers d’une littérature souvent sans grande rigueur scientifique, on lit que les Anciens auraient été capables de prédire des éclipses : on cite volontiers l’éclipse de Soleil du 28 mai 585 av. J.-C. qui aurait été prédite en date et heure par Thalès de Millet par l’utilisation du Saros chaldéen. Or il s’avère que le Saros chaldéen n’était pas du tout lié aux éclipses : c’est E. Halley (1656-1742) qui a commis l’erreur de mal interpréter un texte ancien et de désigner par ce terme la période de 18 ans qui traduit le retour des éclipses. Par ailleurs, il semble tout à fait impossible que les astronomes de l’Antiquité aient eu les connaissances mathématiques et physiques leur permettant de prédire des éclipses. La seule chose dont parle Hérodote est une prédiction pour l’année en cours.
Les astronomes de cette époque ne connaissaient que les mouvements moyens de la Terre et de la Lune et n’étaient éventuellement en mesure que de prévoir la possibilité d’une éclipse dans le courant d’une année. Cette légende a la vie dure et concourt à mystifier tout ce qui touche à ces phénomènes que l’on sait maintenant prévoir (notamment grâce à l’utilisation d’outils de calcul très puissants). On peut encore ajouter que les éclipses de Soleil, avec l’étroitesse de la bande que parcourt l’ombre, étaient tout à fait imprévisibles à l’époque de Thalès qui n’a, de toute façon, pas laissé d’écrits aussi précis.
Il existe pourtant des éclipses qui ont été associées à des événements historiques. Ce sont essentiellement des éclipses de Lune, non nécessairement prévues mais opportunément utilisées pour faire évoluer une situation délicate au profit de ceux qui ne craignaient pas le phénomène.
On peut ainsi citer :
* l’éclipse totale de Soleil observée à Jérusalem le 24 novembre 29, qui aurait été associée à la crucifixion du Christ,
* la chute de Constantinople, le 14 mai 1453 (éclipse de Lune),
* la victoire de Christophe Colomb sur les populations indigène de Jamaïque, le 29 février 1504 (éclipse de Lune).
Par contre, les descriptions d’éclipses laissées par des auteurs de l’antiquité ont permis d’évaluer les variations qui se sont produites depuis cette époque dans le mouvement orbital de la Terre, ou celui de la Lune, et ainsi de mieux connaitre ces deux mouvements.
Indiquons enfin que les puissants moyens de calcul actuels ont aussi permis de dater certains événements historiques qui se sont déroulés au moment d’une éclipse dont on sait aujourd’hui calculer les éléments avec une très grande précision.
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