Certains troubles de la vision sont dus à une altération de la cornée. Le remplacement total ou partiel de la cornée malade est alors nécessaire. La greffe de la cornée est de plus en plus sûre.
Qu'est-ce que la cornée ?
Elle est le hublot extérieur de l'œil. Sa transparence assure une transmission optimale de la lumière, et sa forme sphérique concentre les rayons lumineux vers la rétine.
Pour quelles pathologies ?
La transparence de la cornée peut s'altérer suite aux complications d'une opération de la cataracte, à une cicatrice sur la cornée ou à un dépôt de substances dû à une anomalie génétique.
La cornée peut aussi perdre sa forme sphérique, comme dans le cas des kératocônes : amincie et étirée comme un cône, elle crée alors des aberrations optiques.
D'où viennent les cornées greffées ?
Elles sont prélevées sur des personnes décédées en général depuis moins de vingt-quatre heures. En France, les cornées peuvent être conservées en organo-culture à la température de + 31 °C pendant un mois environ ; cela permet de réaliser les tests de sécurité.
Le receveur est inscrit sur une liste d'attente gérée par l'Agence de la biomédecine. En 2003, 4 100 greffes ont été réalisées dans l'Hexagone.
En quoi consiste l'intervention ?
Au bloc opératoire, le chirurgien découpe circulairement la cornée malade, puis l'enlève. Ensuite, il joint bord à bord le greffon à la cornée réceptrice et réalise une suture minutieuse au moyen de fils extrêmement fins (32 µm de diamètre).
Greffe de la cornée : quelles sont les différentes techniques opératoires ?
Le chirurgien peut remplacer la totalité de l'épaisseur de la cornée malade : c'est la greffe transfixiante. Dans le cas d'une greffe lamellaire, il remplace uniquement une couche de la cornée.
Cette dernière technique divise par cent le risque de rejet, puisqu'une partie de la cornée du patient reste en place. Cependant, cette greffe est impossible si la cornée malade est abîmée dans toute son épaisseur.
Quelle anesthésie est pratiquée ?
L'intervention peut être réalisée sous anesthésie générale ou locale, en fonction du patient et de son émotivité. Elle dure de trente minutes pour une greffe transfixiante, à une heure pour une greffe lamellaire.
Y a-t-il des risques de rejet ?
La cornée ne comporte pas de vaisseaux sanguins et elle est très peu immunogène. De ce fait, le risque de rejet s'élève seulement à 10 % pour les greffes transfixiantes et à 1/1 000 pour les greffes lamellaires antérieures.
Greffe de la cornée : quelles sont les suites de l'opération ?
L'hospitalisation dure généralement deux à trois jours. Un pansement placé sur l'œil opéré peut être retiré dès le lendemain. L'œil n'est pas douloureux, mais il est larmoyant.
La vision est trouble au réveil, mais elle s'éclaircit au fil des jours. Des collyres à base de corticoïdes sont appliqués durant six à dix-huit mois pour éviter l'inflammation et diminuer le risque de rejet. Les fils sont enlevés trois mois après une greffe lamellaire et dix-huit mois après une greffe transfixiante.
La cornée opérée reste fragile à vie, ce qui interdit les sports de contacts.