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Journée mondiale de la santé, Changements climatiques

 

Journée mondiale de la santé Changements climatiques, principal facteur de morbidité Plusieurs mesures sont adoptées pour lutter contre ce phénomène

«24 % de la charge mondiale de morbidité et 23 % de tous les décès peuvent être attribués à des facteurs environnementaux», c'est ce qu'a déclaré Nourredine Chaouki, directeur de l'épidémiologie et de la lutte contre les maladies auprès du ministère de la Santé.

 Selon ce responsable, 94 % de ces décès sont dus aux diarrhées alors que 42 %
sont causés par le paludisme et les maladies pulmonaire, obstructive chronique et
par les affections des voies respiratoires inférieures.Ces chiffres ont été avancés lors d'une rencontre organisée par le ministère mardi dernier à Rabat dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de la santé.

Placé sous le thème «Protéger la santé face aux changements climatiques», cet événement vise à sensibiliser l'opinion publique sur les risques sanitaires liés à ces changements. Des risques qui se traduisent par des maladies à transmission vectorielle ou à transport hydrique. Rappelons que le Maroc enregistre encore des cas de maladies sensibles au climat.


En effet, 75 cas de paludisme ont été enregistrés rien qu'en 2007 alors que 1.324 cas de leishmanioses cutanés et 136 cas de leishmaniose viscérale se sont déclarés durant la même année. Autres maladies persistantes dans le pays sont les maladies infectieuses notamment les méningites.

Mais l'OMS prévoit des changements dans les diverses maladies infectieuses à transmission vectorielle dans les régions en bordure des zones d'endémies actuelles. La santé serait donc particulièrement touchée par le changement climatique mais ce sont les pauvres qui seront les plus durement touchés. Il est donc nécessaire selon Nourredine Chaouki, d'agir immédiatement.

Chose promise chose due. En effet, plusieurs actions ont été adoptées par le système de santé pour lutter contre ce phénomène. Il s'agit du renforcement des programmes de lutte contre les maladies sensibles au climat et la consolidation du système de santé à travers la mise à niveau des formations sanitaires et la mise en place de la couverture médicale de base et le développement et le renforcement des capacités des professionnels de la santé.

Autres étapes franchies par le ministère, le développement du système de surveillance épidémiologique et le renforcement de la collaboration intersectorielle et du partenariat avec le secteur privé et la société civile. Rappelons que le Maroc porte un intérêt particulier à l'environnement et aux changements climatiques puisqu'il a signé la convention-cadre sur les changements climatiques lors de la conférence de RIO en 1992 et l'a ratifiée en décembre 1995. Il a également abrité la 7e conférence des parties sur les changements climatiques en 2001 à Marrakech. Par ailleurs, des actions de grande envergure ont été entreprises pour la promotion de la santé au Maroc.

Ces actions vont du programme national de vaccination, la mise en place d'une stratégie de veille sanitaire, de gestion des urgences et des catastrophes et d'une surveillance épidémiologique décentralisée en passant par la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant, de la lutte contre les maladies à transmission vectorielle, à l'intégration de la prise en charge des maladies respiratoires et la lutte contre la malnutrition dans le réseau des soins de santé de base.

Il est important également de souligner que les objectifs et les actions de santé publique tels que déclinés dans la stratégie 2008-2012 contribueront à la mise en place des fondements de la stratégie d'adaptation aux impacts des changements climatiques sur la santé des populations au Maroc.

Il s'agit notamment de ceux portant sur l'équité de l'offre des soins entre les régions et entre les milieux urbain et rural, la facilitation de l'accès aux soins pour les démunis et surtout pour la population rurale, le développement de la compétitivité et la performance du service public de santé, le renforcement de la couverture médicale de base, le contrôle des maladies transmissibles émergentes par le renforcement de la veille et la sécurité sanitaire et la prise en charge des affections de longue durée. La mise en place de cette stratégie mettra le Maroc plus à l'abri des conséquences sanitaires du changement climatique qui seront difficiles à inverser d'ici quelques années.

Par ailleurs, le représentant de l'OMS au Maroc Saïd Saleh Youssef, a appelé les autorités à adopter plus de mesures pour réduire l'exposition au changement climatique ainsi que les effets de celui-ci.


Il s'agit notamment de la lutte anti-vectorielle, la diminution de la pollution due aux transports, l'utilisation efficace des terres et la gestion de l'eau. Le même responsable a saisi la même occasion pour faire un exposé sur la gravité des changements climatiques.


«Les données scientifiques montrent que le changement climatique est en cours et qu'il est dû aux activités humaines. Le quatrième rapport d'évaluation du groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat montre d'ailleurs que la région de la Méditerranée est l'une des régions qui seront les plus fortement touchées», indique le même intervenant. Il est donc temps d'agir et de changer de comportement !


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L'impact sur la Méditerranée

L'Organisation mondiale de la santé a reconnu l'importance du problème et l'impact potentiel qu'il pourrait avoir sur la sécurité sanitaire d'ici quelques années. Le changement climatique affectera de façon négative et profonde certains des déterminants les plus fondamentaux de la santé, à savoir l'eau, l'air et les aliments, et il a déjà un impact direct sur l'environnement.

Dans la région de la Méditerranée orientale, le changement climatique s'est déjà manifesté sous la forme d'une modification des régimes de pluies et de tempêtes, de l'élévation du niveau des mers, de l'augmentation de la fréquence des tempêtes de poussière et de la pollution atmosphérique.

Inutile donc de rappeler les conséquences de tels événements sur la santé publique qui se manifestent par une mortalité extrême due au climat. Mais ce n'est pas tout puisque ce changement affectera également la nourriture, l'approvisionnement en eau et l'air et aura un impact direct sur la disponibilité de l'eau douce.    

        Par Yousra Amrani | LE MATIN

 

 

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