Le président et le CA destitués
· Nouvelles élections dans un délai de 3 mois
Les différentes mises en garde des ministres de tutelle n’ont visiblement pas eu d’effet sur Mohamad El Faraâ. Jamal Rhmani et Salaheddine Mezouar ont finalement décidé de révoquer le président et de dissoudre le conseil d’administration de la Mutuelle générale du personnel des administrations publiques du Maroc (MGPAPM). Par le même arrêté conjoint, ils ont nommé trois administrateurs provisoires. Il s’agit de Mimoune Bentaleb, de Mohamed Najib Myesser et de Mohamed Chahir.
L’un vient du ministère de l’Emploi, l’autre des Finances et le troisième de la Modernisation des secteurs publics. L’avis devait être publié jeudi au Bulletin officiel. Ces administrateurs sont chargés d’organiser de nouvelles élections dans un délai de trois mois et d’assurer la gestion des affaires courantes de la mutuelle jusqu’à la nomination des nouvelles instances dirigeantes de la MGPAPM. Les deux ministres insistent sur la garantie de la pérennité des prestations servies aux adhérents et leurs ayants droit. En conséquence, les membres du conseil d’administration de la Mutuelle ne peuvent agir au nom de la MGPAPM à compter de la date de publication de cet arrêté conjoint. Rappelons que l’IGF avait déjà audité la Mutuelle générale et avait relevé plusieurs irrégularités dans la gestion.
Actuellement, une autre mission de l’IGF est dans ses murs. La brigade nationale de la police judiciaire enquête également sur la gestion de la Mutuelle. En outre, les ministères de tutelle ont émis des réserves lors des élections de 2007. L’Emploi avait mis le doigt sur le non-respect de certaines dispositions qui ont d’ailleurs fait l’objet de poursuites judiciaires en première instance. Ces opérations suspectes avaient d’ailleurs à l’époque défrayé la chronique, notamment le «versement indu de la somme de 2,6 millions de dirhams à l’Association des maladies chroniques (Amason) dont le trésorier n’est autre qu’El Faraâ» ou encore «l’acquisition d’un nouveau siège au quartier chic Agdal à Rabat, pour près de 50 millions de DH et dont la facture flambe, entre aménagement et équipement, à 100 millions de DH». Une acquisition que les Finances ont finalement refusé de valider.
Selon une source de la Cnops, «les choses ne se sont pas arrangées avec la création de l’association Amasom tournée vers la fourniture de médicaments pour les maladies de longue durée via une pharmacie avec laquelle il avait passé un contrat». La réglementation de l’AMO interdit cette pratique. Et la Cnops, furieuse contre cette relation entre la Mutuelle générale et l’Amasom, intente un procès. Faraâ contre-attaque en déposant une plainte contre la même Cnops. Il porte également plainte contre le ministre des Finances pour abus de pouvoir dans l’affaire du siège. El Faraâ a déposé d’autres plaintes. L’une contre les journaux de l’USFP pour diffamation.
A l’heure où nous mettions sous presse, El Faraâ était injoignable. Il est à rappeler qu’il est député du Congrès national ittihadi de Noubir Al Amaoui. Pour ses amis, il est victime de règlements de compte de l’USFP. Pour ses nombreux adversaires, la direction de la CDT a pris ses distances, particulièrement depuis le verdict du tribunal de première instance qui a donné raison à ceux qui avaient contesté les résultats des élections de 2007.
La Mutuelle générale en chiffres
Créée en 1946, la MGPAPM emploie 420 personnes. Son siège social est à Rabat. Elle dispose de 370.000 adhérents et 700.000 ayants droit, soit un total de 1,07 million de bénéficiaires de ses prestations. Le nombre de dossiers traités annuellement dépasse le 1 million. Selon les prévisions de la Mutuelle générale pour 2009, le montant des prestations maladie s’élève à 60 millions de DH.
M. C.
L’économiste