C'est ce que préconise le Dr Daniel Mojon, ophtalmologiste au Kantonsspital à St. Gallen (Suisse). Pour étayer sa thèse, ce spécialiste du strabisme a publié dans le British Journal of Ophthalmology une étude menée sur 118 enfants pour établir les liens entre strabisme et discrimination. Si avant l'âge de 6 ans, les enfants ne stigmatisent pas leurs camarades atteints de ce défaut visuel, il en va autrement après.
Le Dr Daniel Mojon et son équipe ont fait modifier les photos de 6 paires de jumeaux, en créant un strabisme artificiel à l'un des deux. Ils les ont ensuite présentées à 118 enfants âgés de 4 à 10 ans. Ces derniers ont dû désigner ceux des jumeaux qu'ils inviteraient ou non à leur fête d'anniversaire. Un seul des 31 enfants de 4 à 6 ans (3,2%) n'a sélectionné aucun enfant loucheur. Parmi les 6-8 ans, le taux de discrimination grimpe à 37,5%, avec 18 enfants sur 48 qui n'en ont retenu aucun. Entre 8 et 10 ans, c'est une majorité d'enfant (56,5%) qui n'a invité aucun de ses camarades loucheurs.
Les discriminations liées au strabisme augmentent donc avec l'âge des enfants. Aussi, soutient le Dr Daniel Mojon, la chirurgie correctrice devrait être réalisée avant 6 ans, âge vers lequel apparaissent les implications sociales négatives du strabisme. A l'appui de leur thèse, les chercheurs citent d'autres études qui ont montré qu'une partie des enseignants avaient eux aussi une attitude défavorable à l'encontre des élèves atteints de strabisme.
Source Acuité
|