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De nouveaux progrès contre la DMLA

 

Une affection lourde qui existe sous deux formes : sèche et humide. Zoom sur la prise en charge de la forme humide, qui a récemment connu des avancées thérapeutiques encourageantes.

De nouvelles molécules, toujours en phase de test, permettraient d'espacer l'intervalle entre les différentes phases du traitement ainsi qu'un allègement du suivi médical.


Du moindre mal à la maîtrise des lésions
La dégénérescence maculaire humide touche 200 000 personnes en France, soit quatre fois moins que la forme sèche ; elle connaît en revanche une évolution beaucoup plus rapide, la perte de fonction visuelle pouvant être fulgurante et se produire en quelques semaines.


Lors de la phase aiguë humide, un scotome, ou parcelle floue projetée au centre du champ de vision et dont la taille peut varier d'une sous-tasse à un plateau à huîtres, se développe et affecte la vision et surtout la capacité à distinguer les détails. "C'est lors de cette phase aiguë qu'il est primordial d'intervenir afin de pouvoir limiter la progression, voire de réduire l'étendue du scotome ; dans la forme humide, il faut traiter tôt pour pouvoir récupérer un maximum de vision", affirme le Dr Gabriel Quentel, ophtalmologiste spécialisé en DMLA et membre de la Société Française d'Ophtalmologie. Sans pouvoir enrayer totalement la maladie, les traitements visent avant tout à en éviter la progression ; un dépistage précoce permettra donc une prise en charge dans les meilleures conditions.


Jusqu'alors, les traitements prescrits reposaient sur des séances de laser ; ils freinaient l'évolution des lésions et causaient des dégâts moindres que la maladie elle-même, mais restaient tout de même très mutilants pour la rétine. Des traitements par Visudyne ® activée par photothérapie avaient pris le relais, avec moins de perte de vision et de meilleurs résultats auprès des patients sur le long terme.


Aujourd'hui, on utilise des anti-VEGF, qui vont agir sur les vaisseaux anormaux. Ces anti-angiogéniques sont injectés à l'intérieur de l'œil sous anesthésie locale, à une fréquence d'environ une fois par mois pendant trois mois en phase d'attaque. Selon le Dr Quentel, "une surveillance de près tous les mois par OCT (ou Optical Cohérence Tomographie) permet de déterminer les besoins et d'ajuster le rythme des injections. Dans certaines formes de la maladie, un diagnostic complémentaire pourra aussi être obtenu par angiographie. Bien que cette affection soit aiguë lors de son apparition, elle doit être traitée comme une affection chronique : un porteur de DMLA devra être soigné régulièrement tout comme le serait un diabétique. Dès qu'on note la présence de liquide ou d'œdème, les injections sont à refaire". Problème : une telle surveillance mensuelle est difficile à maintenir pour les personnes âgées, souvent dépendantes.


Des études en cours très prometteuses
La recherche s'oriente donc sur les moyens de diminuer la fréquence des réinjections nécessaires, en tentant de rallonger la durée d'efficacité des traitements tout en permettant la pérennisation d'un état stable de la rétine, sans liquide et sans œdème. Une des voies les plus prometteuses est l'utilisation d'un piégeur de VEGF ou" VEGF Trap", appelé Aflibercept. Évalué dans le cadre de l'étude Clear-IT2, les résultats indiquent qu'après quatre injections mensuelles de 2 mg de ce produit, l'intervalle moyen observé avant une nouvelle réinjection était de 110 jours, soit trois mois. Il est donc plausible que l'Aflibercept ait une durée d'action plus longue que les anti-VEGF classiques, qui nécessitent des réinjections mensuelles pour la plupart des personnes traitées.


Actuellement deux grandes études, VIEW 1 et VIEW 2, comparent les actions respectives à divers dosages des anti-VEGF et des "VEGF Trap". Il se pourrait donc bien que l'Aflibercept devienne un concurrent direct des traitements par anti-VEGF jusqu'alors prescrits.


D'autres recherches non concurrentielles sont en cours de réalisation ; elles ont pour but d'améliorer le pronostic visuel en ciblant d'autres cellules impliquées dans le processus de dégénérescence maculaire. Ces recherches s'orientent autour de trois molécules dont l'action est à combiner à celle des anti-VEGF :

  •  Les anti-PDGF, qui inhibent les péricytes, des cellules qui régulent, entre autres, le débit sanguin des vaisseaux qu'elles entourent.
  •  Les anti-intégrines, anticorps monoclonaux qui tentent de limiter la fixation de certaines cellules responsables du phénomène de néovascularisation.
  • Les anti-compléments (anti-C3 et anti-C5), qui semblent montrer des résultats remarquables en association aux traitements par anti-VEGF.

L'avenir visuel des nombreux patients atteint de DMLA humide peut aujourd'hui être envisagé plus sereinement, et les traitements prescrits actuellement risquent d'être modifiés assez rapidement au vu de l'avancée et de la multiplication des études prometteuses menées sur le sujet.

Source:Doctissimo
Marine Blondet, le 8 février 2011
Sources :
- Interview Dr Gabriel Quentel, ophtalmologiste et membre de la Société Française d'Ophtalmologie, 1er février 2011.
- "DMLA : des traitements à venir ", Salomon Yves Cohen et Jean-François Girmens, extrait en cours de publication dans une revue spécialisée.

 

 

 

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