a

La santé facteur de développement humain : Hisser la santé au rang de priorité nationale

 

De l’action politique menée depuis ces dernières années en matière de santé, il y a peu à dire, sauf que nous avons mis sur les rails l’AMO, mais le train peine à trouver sa vitesse de croisière.

Le RAMED susceptible de permettre à plus de 10 millions de Marocains d’avoir accès à des prestations de qualité tarde à voir le jour. La répartition des ressources humaines et matériels sur l’ensemble du territoire national reste dominée par un déséquilibre choquant qui pénalise lourdement et dangereusement le milieu rural, caractérisé par endroits par un désert médical qui rappelle le moyen âge, le droit à la santé est bafoué, il n’y a pas d’équité, de justice sanitaire, le monde rural est marginalisé et il en paie un lourd tribu : la mortalité maternelle y est très élevée, nos concitoyens meurent par suite d’une morsure de scorpion ou de piqûre de vipère, la mortalité infantile fait aussi partie du lot funèbre… Dans ces conditions on est en droit de se poser des questions car le niveau sanitaire actuel ne reflète pas les potentialités existantes.


Absence de planification


A l’évidence, il y a un décalage entre le discours politique qui a toujours été tenu et la réalité sur le terrain Tous les ministres qui se sont succédés à la tête du département de la santé ont fait de beaux discours, signé des tas de conventions, procédé a quelques modifications ici et là à coup de milliers et de millions d’Euros et de Dollars, ils ont tous tenu a marquer de leur sceau leur passage au ministère de la santé. S’il est vrai que de belle réalisations ont pu voir le jour conformément a des scénarios bien préparés pour servir d’alibi, force est de constater que rien n’a été réellement entrepris pour préparer l’avenir, en d’autres termes personne n’est capable de dire avec exactitude quelle santé nous voulons pour les Marocains au 21e siècle ? Avec quels moyens ? Qui doit payer quoi ? Jusqu’ou sommes nous prêts a aller pour parvenir a une santé optimum ? Que faut-il privilégier ? Une médecine curative ou une médecine préventive ? Parce que nous n’avons pas su répondre ou que nous ne sommes pas en mesure de répondre a toutes ces questions et en l’absence d’un programme national de santé susceptible de définir clairement le chemin a suivre pendant une décennie, nous ne pouvons que colmater les brèches et pallier au plus pressés. C’est ce qui se passe aujourd’hui, on assiste a un branle bas de combat, on veut réduire la mortalité maternelle de 75%, on veut arrêter l’hémorragie de la corruption qui sévit a l’état endémique au niveau des hôpitaux , mettre un terme à l’absentéisme, assurer des soins de qualité aux patients, rendre nos structures hospitalières plus accueillantes, plus performantes…
La liste est très longue, ce qui revient a dire que les problèmes sont innombrables, ils concernent tous les domaines, c’est comme si rien n’a été fait durant ces dernières années.


Déséquilibre entre offre et demande


Si l’on excepte la sollicitude Royale sans cesse renouvelée pour le secteur de la santé ou certains aspect du Plan Cancer tel les maisons de vie, le soutien aux malades cancéreux grâce à l’association Lalla Selma. Nous ne pouvons que nous désoler de voir se délabrer davantage les structures existantes surtout celles qui ont plus de trente ans d’âge, de voir que plus de 200 centres de santé sont fermés en outre il y a lieu d’insister sur la faillite des services d’accueil médical des urgences, le mauvais accueil des patients et de leurs familles, la corruption qui sévit au niveau de nos hôpitaux , la mauvaise qualité des soins, l’absentéisme chronique des personnel de santé, la liste des anomalies et des faiblesses de notre système de santé est très longue, vouloir tous les répertorier n’entre pas dans notre objectif, tout au plus nous procédons a un survol de ces dérapages qui nuisent fortement et dangereusement a notre santé.

Il ne faut cependant pas être grand clerc pour voir dans la multiplication des signaux d’alerte les plus récents l’urgence qu’il y a à proposer, mettre en place et appliquer une politique de santé de grande envergure.
Cette approche ne peut se concrétiser que si une réelle volonté politique, claire, limpide vient à considérer la santé comme un levier de croissance et de rayonnement pour notre pays. La santé doit devenir une priorité dans notre projet économique, social et culturel. L’ancien premier ministre Driss Jettou avait en son temps compris tous les enjeux que représente la santé au Maroc, et il en avait fait une priorité de son gouvernement. Qu’en est- il aujourd’hui ?


Les grands défis à relever


C’est une question qui demande une réponse claire, mais d’ores et déjà, nous pouvons dire que nous avons, dès à présent et pour les cinq années qui viennent, cinq défis majeurs en matière de santé à surmonter :
Le vieillissement de la population qui se fait sentir et qui demandera des besoins nouveaux en matière de prise en charge des personnes âgées, nos hôpitaux doivent se préparer pour assurer ces prises en charges lourdes, longues qui demanderont des moyens humains qui font défaut.

l’émergence de nouvelles maladies, avec le SRARS, la grippe aviaire, le SIDA, les cancers, les maladies cardiovasculaires, la pollution, le stress, nous seront confrontés à des maladies nouvelles qui demanderont des moyens financiers, une organisation adaptée, des équipements nouveaux, des médicaments, une technologie sans cesse renouvelée, une meilleure répartition des potentialités existantes  la persistance et l’aggravation des inégalités entre régions en ce qui concerne l’affectation harmonieuse et équitable des ressources humaines et matériels
la pénurie de la démographie médicale ; nous manquons de personnel médical, le peu qui existe est très mal réparti, nous manquons terriblement de personnel infirmier et dans les quelques années a venir, c’est-à-dire qu’à partir de 2009 /2010, il va y avoir un départ énorme d’infirmiers en retraite, nos hôpitaux, nos dispensaires et nos centre de santé se videront de compétences avérées en soins infirmier. Qu’avons- nous prévu ? Que comptons-nous entreprendre pour pallier au plus pressé ? Il serait lourd de conséquences de vouloir prétendre aujourd’hui que le problème sera réglé grâce au recrutement de quelques centaines d’infirmiers inexpérimentés. Nous savons tous que les quatre CHU manquent terriblement d’infirmiers, qu’en sera-t-il des autres qui ne sont pas encore opérationnels ? La situation est sérieuse, il serait temps d’analyser chaque problème posé et d’entrevoir les nouveaux défis auxquels notre système de santé sera confronté au cours des années à venir la fragilisation des finances de la santé ; c’est le problème dans le problème, nul doute que notre santé souffre d’un obstacle financier, le budget alloué à la santé est dérisoire, insignifiant, c’est le budget du sous développement sanitaire, la gratuité des soins pour corriger les inégalités sociales flagrantes entre riches et pauvres complique plus les données car les hôpitaux doivent faire face à une clientèle insolvable dans 80% des cas, au moment ou les coûts de productions des soins ne cessent de croître, l’AMO ne rapporte pas grand-chose aux hôpitaux, du moins pour le moment …

Ces défis ne pourront être abordés et surmontés que si nous proposons la mise en œuvre d’une politique de Santé Durable, d’un programme National de santé qui ne se contente plus de vouloir colmater les brèches mais qui propose une mutation au long cours.
Dans les dix années à venir, notre système de soins devra connaître une profonde mutation. Faire face à l’émergence de nouveaux risques sanitaires (épidémie, chronicité des maladies, problèmes de santé publique etc.), bénéficier pleinement des progrès scientifiques et techniques de l’exercice médical implique une nouvelle organisation des soins si l’on veut garantir les principes de qualité et d’égalité d’accès aux soins.
Absence d’un réel programme national de santé


Le constat est désormais connu : La mauvaise organisation de l’offre et de la demande de soins conduit à un gâchis humain et financier et, trop souvent, à une perte de chances pour les patients.
Mais ce déclin n’est en rien fatal. Notre pays bénéficie d’un haut niveau scientifique et médical, de professionnels de santé de qualité et de moyens qui lui permettent de surmonter les difficultés. Mais faut-il encore avoir la volonté politique d’engager les réformes en ayant soin d’y associer tous les acteurs !
La mutation qu’il nous faut conduire est globale. La première condition de sa réussite est de mettre le patient au cœur du système de soins en assurant leur continuité et leur coordination.

Aujourd’hui, le patient est trop souvent laissé à lui-même, désorienté face à une offre de soins segmentée dont il a peine à connaître l’usage et la qualité. Il faut proposer pour chacun de nos concitoyens un parcours de santé et lui offrir, aux différents âges de la vie et selon ses besoins, une offre de soins adaptée, qui soit en mesure de coordonner les différents intervenants. Il faut proposer une médecine plus préventive
Le processus que nous devons mener pour établir la médecine de demain ne consiste nullement en une simple réforme comme toutes celles auxquelles nous avons assisté, mais dont les résultats sur le terrain sont mitigés. C’est à une profonde mutation que nous devons nous atteler. L’ampleur des changements à conduire, la diversité de leurs champs d’application et la multiplicité des acteurs en place aussi bien au niveau des structures de S.S. B qu’au niveau des hôpitaux (médecins, infirmiers, administratifs...) devrait nous dicter la méthode à suivre. Il ne peut s’agir d’une action précipitée, ni de décisions unilatérales et verticales qui s’appliqueraient du haut vers le bas de notre système.
Il s’agit de construire un «plan national santé durable» établi à l’horizon de dix ans, régulièrement évalué et réajusté en fonction des évolutions, mais qui ne pourra en aucun être remis en question par un quelconque ministre.

Ce plan sera défini avec le concours des experts et des autorités sanitaires compétentes (Conseil national de l’ordre des médecins, Société Marocaine des Sciences Médicales, Syndicats des médecins, Facultés de médecine…) Ce plan ou ce programme national de santé devra obligatoirement être présenté et approuvé par le Parlement. Il veillera à décrire les nouveaux schémas d’organisation des soins, à fixer les objectifs de qualité et d’accessibilité aux soins, à décrire les réformes à mettre en œuvre, à décrire les moyens financiers nécessaires et à prévoir les méthodes d’évaluation.
Ce plan, une fois entériné, servira de code de conduite pour l’ensemble des intervenants publics, Etat et collectivités locales, et constituera un document de référence pour tous les acteurs concernés.
Se sont là quelques éléments de réflexion que nous soumettons au débat, nous souhaitons et nous espérons que notre appel sera entendu pour le plus grand bien de nos concitoyens et de notre pays.

par Abdelaziz Ouardighi

Al bayane

 

 

 

 

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d'Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

 

 

Ajouter à vos favoris /Marocoptic (C) 2010 opticiens du Maroc/ info@marocoptic.com