L’œil est un organe infiniment fragile et vulnérable. Le moindre impact peut engendrer des lésions irréversibles. Chaque année, des milliers d'accidents aux yeux sont recensés sur les lieux de travail. Il existe pourtant des protections visuelles – correctrices si besoin – adaptées aux métiers à risque. Aperçu des équipements proposés…
Un accident du travail sur cinq concerne les yeux. Leur sécurité est donc un enjeu de santé publique. La meilleure des préventions consiste à éliminer les risques à la source. En effet, 70 % des accidents sont dus à des projections d’origine mécanique (limaille, particules diverses…), 18 % à des rayons nuisibles (infrarouges ou ultraviolets liés par exemple à des soudures au gaz ou à des coupes au chalumeau), 12 % à des projections ou émanations chimiques en laboratoire (acides, gaz, fumées…). Les réglementations européennes relatives à la sécurité sur le lieu de travail imposent la fourniture d’un équipement de protection individuelle (EPI). Dans le cadre de la maîtrise des risques professionnels, ce type de dispositif permet de protéger les salariés exerçant une activité susceptible de menacer leur santé ou leur sécurité.
Savoir s’équiper
Les équipements de protection individuelle se classent en trois catégories. Les lunettes à branches protègent les yeux grâce à des oculaires disposés dans la monture et pouvant comporter des protections latérales. Les lunettes-masques sont munies d’un ou de deux oculaires fixés dans une monture souple enfermant la région orbitale. Enfin, les écrans faciaux – avec ou sans protecteur frontal – protègent les yeux, le visage et une partie du cou. Certains de ces modèles, dits aussi « couvrants » ou « surlunettes », autorisent le port de lunettes de correction, qu’ils recouvrent. Mieux encore, il existe une vaste gamme de lunettes de sécurité à verres correcteurs adaptables aux défauts de la vue : unifocaux, bifocaux ou progressifs. Légères, esthétiques, résistantes et confortables, ces lunettes permettent de travailler en toute sécurité en préservant le capital vue. La matière utilisée pour les oculaires, du minéral trempé ou du polycarbonate durci, dépend des contraintes d’exposition. « Comme pour une paire de lunettes personnelles, nous adaptons les montures, les corrections et les verres au poste de travail et aux types de projections. Il existe plusieurs tailles et plusieurs formes toujours avec des coques latérales, le but étant de protéger l’œil des projectiles », argumente Éric Chavin, opticien directeur aux Opticiens Mutualistes à Lorient. Il arrive encore que les salariés recyclent d’anciennes lunettes de vue pour se protéger, une solution nettement inadaptée, voire dangereuse.