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Les opticiens veulent y voir plus clair

 Le Syndicat professionnel national des opticiens du Maroc a tenu, les 23 et 24 avril, ses assises à Marrakech. Ils crient à la prolifération des faux opticiens et à l’inertie du gouvernement.

Les opticiens ne voient pas clair dans leur avenir et craignent le pire : la faillite qui a frappé plusieurs de leurs confrères. Venus de Tanger, Berkane, Casablanca, Rabat, Benslimane, etc., plus de 200 opticiens ont crié leur co­lère aux cours de leurs assises tenues les 23 et 24 avril à Marrakech, à l’ini­tiative du Syndicat professionnel natio­nal des opticiens du Maroc (SPNOM).


«Il est inconcevable que des charla­tans et des bricoleurs se fassent passer pour des opticiens. Certains vont même jusqu’à ouvrir des écoles de formation privées d’opticiens, alors qu’ils n’ont au­cune connaissance du domaine et qu’ils n’ont eux-mêmes jamais suivi de forma­tion. Ce sont de simples commerçants qui font fructifier leurs revenus sans se soucier des problèmes qu’ils engen­drent ! », crie cet opticien tangérois.


L’un après l’autre, tous les professionnels ont pris la parole pour décrire leur indignation unanime de constater que l’état des lieux s’enve­nime, tandis que les autorités locales donnent l’impression, pour leur ma­jorité, de rester sourdes. «Nous avons entamé un combat qui ne sera pas des plus faciles pour l’assainissement du secteur. Pour y parvenir, le gouverne­ment doit montrer une réelle volonté de résoudre le problème. Il faut arrêter ces accueils chaleureux qui ne donnent aucune suite», déclare le président du SPNOM, Mohamed Bettoula, avant de préciser que depuis son élec­tion à la tête de ce syndicat il y a un an, il a adressé des lettres à l’ensemble des minis­tères concernés. «Seul le mi­nistre de la Justice a bien voulu nous accorder une audience. Le Secrétariat général du gou­vernement (SGG) a également été réceptif, ainsi que le minis­tère de la Santé. L’unique réponse écrite que nous avons reçue a été celle du mi­nistre de l’Emploi», confie-t-il.


Prolifération de la cataracte

Ce qu’attend le SPNOM est une action concrète pour circonscrire totalement le « cancer » des charlatans. «Les opticiens revendiquent l’envoi d’une note par le SGG à l’ensemble des walis, afin de leur rappeler que tout ce qui concerne le secteur de l’optique (lunetterie, verres…) relève de la spécialité des opticiens uni­quement et que l’autorisation d’exercer ne peut être accordée que par le SGG», souligne le président du syndicat. Autre revendication : le SPNOM estime tout aussi nécessaire et urgent que le ministère de tutelle joue son rôle de contrôleur sur le terrain. «C’est de la santé des citoyens dont il est question, lorsqu’un bricoleur vend des lunettes à quelqu’un, il le condamne à la cécité graduelle. Ces faux opticiens restent un facteur majeur de la prolifération de la cataracte que le ministère de la Santé veut combattre. Il faut s’attaquer à l’origine du problème et cela dispensera le ministère de dépenser autant d’argent et de temps ! », S’exclame Bettoula.

Diplôme et autorisation

Être opticien, c’est être diplômé et autorisé à exercer. Le SPNOM a tenu à le rappeler pour souligner le danger auquel s’exposent les citoyens en confiant leurs yeux à « des bricoleurs sans scru­pules ». Le militantisme des opticiens sera des plus difficiles, mais ils sont tous disposés à aller jusqu’au bout. Le SGG n’a pas été sourd à leurs doléances, re­présenté par Abderrahim Mounaâm à Marrakech, il a réitéré son soutien aux opticiens. «Nous sommes sensibles à la situation dans laquelle vous exer­cez votre métier et sommes actuellement en cours d’élaboration d’un projet de loi pour organiser les professions pa­ramédicales. L’objectif est de garantir que chacune de ces professions sera exercée dans la légalité et le respect de l’éthique», affirme-t-il. Et d’appeler les opticiens à participer à ce projet de loi en y apportant leurs propositions : «cette loi devra être le fruit d’un consen­sus». «Mais, les opticiens veulent des ac­tions imminentes. Si nous attendons en­core des années, le temps que ce projet de loi soit approuvé, nous aurons déjà baissé rideaux», lancent les concernés qui voudraient commencer par inter­dire aux autorités publiques et locales de délivrer des autorisations d’exercer et de vendre des lunettes et des verres.


Liste officielle et crédible des opticiens


«Le SGG a bien reçu votre message et nous adresserons une note aux autori­tés locales en plus nous publierons la liste des professionnels au Bulletin of­ficiel», promet Abderrahim Mounaâm. L’Agence nationale de l’assurance mala­die (ANAM) est «en train d’établir une liste des opticiens pour créer une base de données crédible. Chaque opticien sera identifié grâce un un code-barre par des gestionnaires de l’AMO et l’opticien doit désormais être reconnu sur cette liste pour d’éventuels remboursements», annonce Bouchaïb Mourjane venu représenter l’ANAM aux assises du SPNOM. Pour ce responsable, il est urgent pour les opticiens de collaborer à la constitution de cette base de données, afin que chacun puisse disposer d’une reconnaissance légale et crédible. Le syndicat se dit disposé à collaborer très activement avec l’ANAM, afin que ce processus aboutisse au plus vite. L’espoir est né !  

Lla Hallaoui

Le soir

 

 

 

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